Le dehors, un espace éducatif – Chaque sortie est une expérience.
l'école dehors
Dans le contexte de la pandémie du Covid-19, le Ministre de l’Éducation Nationale J-M Blanquer invite en avril 2021 les enseignants des écoles à faire davantage classe dehors, ce qui débouche sur la production des « essentiels pour faire classe dehors » par le Réseau Canopé.
Depuis, d’autres dossiers réalisés par les différentes académies ont fait leur apparition. Ces derniers donnent des informations sur les différentes règles à suivre, les avantages de cette démarche, ou encore renvoient aux ressources produites par le Réseau Canopé.
Pourtant, à part quelques professeurs ayant accès à des formations ou à des ateliers pédagogiques, aucune autre ressource n’est accessible facilement pour les enseignants. De plus, le fait d’être dans un milieu urbain peut freiner les professeurs pour de multiples raisons (pas d'accès immédiat à des espaces verts, circulation urbaine, …).
Cela est dommageable car, bien plus aujourd’hui qu’hier, les enfants ont besoin de ce contact avec l'extérieur. En 2024, le Haut Conseil de la famille de l'enfance et de l'âge (HCFEA) avertit sur la sédentarisation des plus jeunes et le manque de contact avec l'extérieur.
Les raisons de ce phénomène sont multifactorielles : accès de plus en plus précoce aux écrans et réseaux sociaux (37 % des enfants de 11 à 17 ans passent 4h30 de leurs journées devant un écran) ou encore des parents de plus en plus réticents à laisser leurs enfants dehors sans surveillance.
La sédentarisation amène à des dangers au niveau de la santé physique : une augmentation des risques de maladie cardiovasculaire, de diabète de type 2, de cancers (côlon, endomètre, sein, poumon), d’obésité, d’anxiété et de dépression. Elle est associée à une hausse de la mortalité toutes causes confondues et par maladie cardiovasculaire et cancer.
Les activités permettant de rétablir un lien avec la nature et l'extérieur permettent, tout d’abord, de favoriser la pratique sportive chez les jeunes, ce qui par conséquent diminue tous les risques physiologiques abordés précédemment. Mais elles ont aussi un impact positif du point de vue de la santé mentale, de la cohésion sociale, de la gestion de risque et sur le développement cognitif.
L’école du dehors permet donc de favoriser cette reconnexion tout en favorisant les apprentissages.
De plus, l’école du dehors favorise aussi une reconnexion aux “lieux” qui permettrait une plus forte construction identitaire chez l’enfant (“place-based education”).
Les petites communes rurales peuvent y voir l’avantage d’une vie (re)dynamisée autour d’un espace ouvert à toutes et tous. Il est possible que leur attractivité puisse en être impactée positivement.
Pourtant, comme le montre une étude réalisée en Belgique sur l’apprentissage des sciences par l’école du dehors, « peu d’activités actuellement proposées par les ressources pour les enseignants et/ou menées par eux relèvent de la sphère des apprentissages scolaires en sciences ou, si elles concernent des apprentissages scolaires, ne répondent pas aux exigences didactiques disciplinaires pour conduire aux apprentissages. » Cela montre que même s’il y a un très grand potentiel à l’école du dehors, elle n'est aujourd'hui clairement pas exploitée à son plein potentiel.